Sommaire
Capacité d'emprunt en 2026 : le calcul qui détermine si votre projet immobilier passe ou casse
35 % d'endettement, 25 ans maximum, apport personnel, reste à vivre… Derrière ces chiffres se cache une mécanique précise qui détermine, avant même votre première visite d'agence, le montant que vous pourrez réellement emprunter. Ce guide vous montre exactement comment ce calcul fonctionne — revenu par revenu, règle par règle, profil par profil — et vous laisse le vérifier vous-même avec le simulateur intégré.
HCSB 2026¹HCSF, décision D-HCSF-2026-02 du 17 juin 2026
(27 ans en VEFA)¹HCSF, décision D-HCSF-2026-02
des emprunteurs 2026²Observatoire Crédit Logement/CSA, juin 2026
accédants à la propriété³INSEE, Enquête Patrimoine 2025-2026
Vous avez peut-être déjà été recalé par une banque sans comprendre pourquoi, ou au contraire obtenu un accord pour un montant qui vous semblait hors de portée. Dans les deux cas, c'est le même calcul — froid, mathématique, réglementé — qui a décidé pour vous. Le comprendre, c'est reprendre la main sur votre projet immobilier avant même d'entrer dans une agence.
1. Qu'est-ce que la capacité d'emprunt ?
La capacité d'emprunt est le montant maximal qu'un établissement de crédit accepte de vous prêter, compte tenu de vos revenus, de vos charges, de la durée du prêt et des règles fixées par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). Ce n'est pas un chiffre approximatif : c'est une limite opposable à toutes les banques françaises depuis le 1ᵉʳ janvier 2022⁴HCSF, décision D-HCSF-2021-10 du 29 septembre 2021, rendue juridiquement contraignante.
La formule fondamentale est simple dans son principe :
Cette mensualité maximale est ensuite convertie en capital empruntable selon la durée et le taux du crédit.
Mais derrière cette apparente simplicité se cachent des dizaines de nuances : quels revenus sont retenus ? Quelles charges sont déduites ? Comment le taux d'intérêt transforme-t-il la mensualité en capital ? Quel est le rôle du reste à vivre ? C'est l'objet de ce guide complet.
2. Le cadre réglementaire HCSF 2026
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a rendu juridiquement contraignantes ses recommandations en matière de crédit immobilier⁴HCSF, décision D-HCSF-2021-10. Ces règles ont été révisées à plusieurs reprises, la dernière en date étant la décision D-HCSF-2026-02 du 17 juin 2026, applicable au 1ᵉʳ juillet 2026¹HCSF, décision D-HCSF-2026-02 du 17 juin 2026.
Recommandation initiale
Le HCSF recommande 33 % d'endettement et 25 ans maximum, sans portée contraignante.
Décision contraignante
Les règles deviennent obligatoires pour toutes les banques à partir du 1ᵉʳ janvier 2022.
Assouplissement
Possibilité de déroger jusqu'à 27 ans pour les achats en VEFA (vente en l'état futur d'achèvement).
Règle des 20 %
Au moins 20 % des prêts peuvent déroger aux critères, priorité aux primo-accédants et à la résidence principale.
Stabilité
Reconduction des règles : 35 % max, 25 ans (27 en VEFA), 20 % de marge de flexibilité.
① Taux d'endettement ≤ 35 % des revenus nets (assurance emprunteur incluse)
② Durée du prêt ≤ 25 ans (27 ans pour une VEFA avec travaux)
③ Au moins 80 % des prêts d'un établissement doivent respecter ces deux règles : 20 % peuvent déroger, dont au moins 70 % pour la résidence principale et 30 % pour les primo-accédants.
3. La formule de calcul décomposée
La capacité d'emprunt se décompose en cinq étapes successives. Chaque banque les applique dans cet ordre, avec des variations mineures dans l'interprétation de certaines lignes de revenus ou de charges.
Étape 1 : Déterminer les revenus mensuels nets retenus
La banque part du net imposable (avant prélèvement à la source), pas du net versé. Elle applique ensuite un abattement ou une majoration selon la nature des revenus. Nous y reviendrons en détail dans la section 4.
Étape 2 : Appliquer le taux d'endettement maximal
La mensualité maximale théorique est obtenue en multipliant les revenus nets mensuels retenus par 35 % :
Mensualité max = Revenus nets mensuels × 0,35
Étape 3 : Déduire les charges existantes
On soustrait de cette mensualité maximale toutes les charges récurrentes : autres crédits en cours, pensions alimentaires, loyers si le bien n'est pas encore vendu. Le résultat est la mensualité disponible pour le nouveau prêt.
Étape 4 : Convertir la mensualité en capital
C'est l'étape qui fait intervenir le taux d'intérêt et la durée. La formule actuarielle est la suivante :
Capital = Mensualité × [1 − (1 + i)⁻ⁿ] / i
où i = taux mensuel (taux annuel / 12) et n = nombre de mensualités
Étape 5 : Ajouter l'apport personnel
Le capital empruntable n'est pas le prix du bien ! Il faut y ajouter l'apport personnel net (après frais de notaire, frais de garantie et frais de dossier) pour obtenir le budget total d'acquisition.
Voici un tableau récapitulatif de l'impact de chaque paramètre sur la capacité d'emprunt :
| Paramètre | Sens de variation | Impact sur la capacité | Ampleur typique |
|---|---|---|---|
| Revenus nets | ↑ | ↑ | +10 000 € de revenus ≈ +35 000 € de capacité |
| Taux d'intérêt | ↑ | ↓ | +1 pt de taux ≈ −8 à −12 % de capacité |
| Durée du prêt | ↑ | ↑ | +5 ans ≈ +18 à +25 % de capacité |
| Charges existantes | ↑ | ↓ | +100 €/mois ≈ −20 000 à −30 000 € de capacité |
| Apport personnel | ↑ | ↑ | Effet direct : 1 € d'apport = +1 € de budget |
| Assurance emprunteur | ↑ | ↓ | +0,10 % de taux assurance ≈ −2 à −3 % de capacité |
4. Quels revenus sont pris en compte ?
Tous les revenus ne se valent pas aux yeux d'une banque. La règle générale est la suivante : un revenu est d'autant mieux retenu qu'il est stable, récurrent et justifiable. Voici le traitement détaillé par catégorie, fondé sur les pratiques observées chez les principaux établissements français en 2026⁵Pratiques bancaires documentées par la Fédération Bancaire Française (FBF), guide du crédit immobilier 2026.
| Type de revenu | Taux de prise en compte | Commentaire |
|---|---|---|
| CDI (hors période d'essai) | 100 % | Net imposable. La période d'essai doit être révolue. |
| CDI en période d'essai | 80 à 100 % | Variable selon les banques ; souvent conditionné à l'ancienneté dans le secteur. |
| CDD | 50 à 80 % | Accepté si renouvelé au moins une fois et avec un historique de 12 mois. |
| Intérim | 50 à 70 % | Moyenne des 12 à 24 derniers mois, avec une décote de précaution. |
| Fonctionnaire titulaire | 100 % | Considéré comme le revenu le plus sûr. Prime incluse si récurrente. |
| Travailleur indépendant | 70 à 90 % | Moyenne des 3 derniers bilans comptables (bénéfice net). |
| Profession libérale | 60 à 80 % | Moyenne des 3 derniers exercices, avec décote selon la volatilité. |
| Revenus locatifs | 70 % | Abattement forfaitaire de 30 % pour charges et vacance locative. |
| Pension alimentaire reçue | 80 à 100 % | Sur présentation de la décision de justice. |
| Primes variables | 0 à 50 % | Moyenne sur 3 ans, fortement décotée. Beaucoup de banques les excluent. |
| Allocations familiales | 50 à 100 % | Retenues si les enfants sont jeunes ; exclues si les enfants quitteront le foyer. |
5. Les charges qui réduisent votre capacité
Le taux d'endettement de 35 % s'applique à l'ensemble de vos charges de crédit, pas seulement au nouveau prêt immobilier. Voici ce que la banque retient, par ordre d'impact :
Barres exprimées en part relative dans le budget des emprunteurs français en 2026. Source : Observatoire Crédit Logement/CSA, juin 2026.
Point crucial : la banque ne déduit pas vos charges courantes (alimentation, énergie, transports) dans le calcul du taux d'endettement. En revanche, elle les prend en compte indirectement via le reste à vivre, que nous détaillons dans la section 7.
✔ Toujours déduit
- Tous les crédits en cours (immobilier, conso, revolving)
- Pensions alimentaires fixées par jugement
- Loyer du logement actuel (si le bien n'est pas vendu)
- Prêts étudiants en phase de remboursement
✕ Non déduit du taux d'endettement
- Dépenses courantes (alimentation, énergie, transport)
- Impôts sur le revenu (déjà prélevés à la source)
- Cotisations d'assurance non liées au crédit
- Épargne mensuelle volontaire
6. L'apport personnel : le second pilier
L'apport personnel joue un double rôle : il augmente mécaniquement votre budget (1 € d'apport = 1 € de pouvoir d'achat supplémentaire) et il rassure la banque. Un apport élevé est le signe d'une capacité d'épargne et d'une gestion financière saine — deux critères qui pèsent lourd dans la décision finale⁶ACPR, rapport annuel sur le financement de l'habitat, 2025.
| Type d'apport | Montant médian 2026 | Part des acquéreurs |
|---|---|---|
| Apport personnel pur (épargne, donation) | 52 000 € | 78 % des primo-accédants |
| Prêt familial ou amical | 18 000 € | 12 % des acquéreurs |
| Prêt Action Logement (ex-1 % logement) | 30 000 € | 8 % des salariés éligibles |
| Prêt à Taux Zéro (PTZ) | 42 000 € | 22 % des primo-accédants |
| Déblocage exceptionnel PEE/PERCO | 15 000 € | 6 % des acquéreurs |
| Apport moyen total (toutes sources) | 72 500 € | — |
7. Le reste à vivre : le garde-fou oublié
Le taux d'endettement de 35 % n'est pas la seule limite. La banque vérifie aussi que, une fois votre mensualité payée, il vous reste assez pour vivre. C'est le reste à vivre. Cette notion, bien que non codifiée juridiquement, est appliquée de manière quasi systématique par tous les établissements.
En pratique, la plupart des banques appliquent un reste à vivre minimum par personne au sein du foyer :
| Composition du foyer | Reste à vivre minimum (2026) | Recommandé (confort) |
|---|---|---|
| Personne seule | 800 à 1 000 € | 1 200 € |
| Couple sans enfant | 1 200 à 1 500 € | 1 800 € |
| Couple avec 1 enfant | 1 600 à 1 900 € | 2 200 € |
| Couple avec 2 enfants | 1 900 à 2 300 € | 2 600 € |
| Couple avec 3 enfants | 2 300 à 2 700 € | 3 100 € |
| Par personne supplémentaire | + 350 à 400 € | + 500 € |
8. Simulateur : calculez votre capacité d'emprunt
Renseignez vos données ci-dessous. Le simulateur applique la règle des 35 %, déduit vos charges, calcule le reste à vivre et vous donne le capital empruntable estimé.
Votre capacité, calculée en direct
Simulation pédagogique — le montant final dépendra de l'analyse de votre dossier par la banque.
Le calcul applique la règle des 35 %, vérifie le reste à vivre minimum (seuils indicatifs de 900 €/personne), puis convertit la mensualité disponible en capital via la formule actuarielle. Taux d'assurance appliqué sur le capital initial. Cette simulation ne constitue pas une offre de prêt.
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9. Capacité d'emprunt par profil type
Pour vous donner une idée concrète, voici les capacités d'emprunt calculées pour six profils types, avec les paramètres moyens du marché au 1ᵉʳ juillet 2026 (taux à 4,20 % sur 20 ans, assurance 0,34 %) :
| Profil | Revenus nets/mois | Mensualité max (35 %) | Capital empruntable | Avec apport 20 % |
|---|---|---|---|---|
| Célibataire, 30 ans, CDI | 2 400 € | 840 € | 138 000 € | 172 500 € |
| Couple sans enfant, 2 CDI | 5 200 € | 1 820 € | 298 000 € | 372 500 € |
| Couple 1 enfant, 1 CDI + 1 indépendant | 6 000 € | 2 100 € | 312 000 € | 390 000 € |
| Couple 2 enfants, 2 CDI | 5 800 € | 2 030 € | 332 000 € | 415 000 € |
| Famille 3 enfants, 2 CDI | 6 500 € | 2 275 € | 348 000 € | 435 000 € |
| Investisseur locatif (revenus + 70 % loyers) | 5 800 € | 2 030 € | 332 000 € | 415 000 € |
Notez que le profil « couple 1 enfant avec un indépendant » voit sa capacité légèrement réduite par rapport à son revenu brut, car la banque applique une décote de 20 à 30 % sur les revenus de l'indépendant (moyenne des 3 derniers exercices).
10. L'impact de la durée sur la capacité d'emprunt
La durée du prêt est le levier le plus puissant pour augmenter votre capacité d'emprunt — mais aussi le plus coûteux en intérêts. Voici l'effet de la durée sur un couple disposant de 1 800 € de mensualité disponible :
| Durée | Mensualité pour 10 000 € | Capital empruntable | Coût total des intérêts | Intérêts / capital |
|---|---|---|---|---|
| 10 ans | 102,5 € | 175 600 € | 35 200 € | 20,0 % |
| 15 ans | 74,8 € | 240 600 € | 51 800 € | 21,5 % |
| 20 ans | 62,1 € | 289 800 € | 71 300 € | 24,6 % |
| 25 ans | 54,2 € | 332 100 € | 93 400 € | 28,1 % |
Passer de 20 à 25 ans fait gagner environ 42 000 € de capacité, mais coûte 22 000 € d'intérêts supplémentaires — soit plus de 50 % du gain en capital. C'est un arbitrage que chaque emprunteur doit faire en connaissance de cause.
11. L'impact des taux sur la capacité d'emprunt
La hausse des taux depuis 2022 a mécaniquement réduit les capacités d'emprunt des ménages français. Pour une mensualité donnée, chaque point de taux en plus diminue le capital empruntable d'environ 8 à 12 % selon la durée. Voici l'évolution réelle depuis 5 ans :
| Année (T3) | Taux moyen 20 ans | Capital pour 1 800 €/mois | Évolution / 2021 |
|---|---|---|---|
| 2021 | 1,05 % | 388 000 € | — |
| 2022 | 2,15 % | 355 000 € | −8,5 % |
| 2023 | 3,80 % | 302 000 € | −22,2 % |
| 2024 | 4,10 % | 293 000 € | −24,5 % |
| 2025 | 4,30 % | 287 000 € | −26,0 % |
| 2026 (T3) | 4,20 % | 290 000 € | −25,3 % |
12. Garanties et assurance emprunteur : les coûts cachés
La capacité d'emprunt calculée jusqu'ici ne tient pas compte de deux postes qui viennent en déduction de votre enveloppe globale : les frais de garantie et l'assurance emprunteur.
La garantie du prêt
Tout prêt immobilier doit être assorti d'une garantie. Les deux principales sont :
- La caution mutuelle (Crédit Logement, CAMCA, SACCEF) : coût moyen de 1 à 2 % du montant emprunté, partiellement remboursable en fin de prêt (fonds de garantie). C'est la plus courante, utilisée dans 65 % des prêts.
- L'hypothèque : coût de 1,5 à 2,5 % du montant emprunté (frais de notaire, inscription, mainlevée), non remboursable. Utilisée dans 25 % des prêts, surtout pour les montants élevés.
Ces frais sont généralement prélevés sur votre apport ou financés en sus du prêt principal (ce qui réduit d'autant votre capacité nette).
L'assurance emprunteur
L'assurance emprunteur est incluse dans le calcul du taux d'endettement de 35 %. Elle représente en moyenne 0,34 % du capital emprunté par an en 2026 (soit environ 25 à 35 % du coût total du crédit sur 20 ans). Son poids dans la mensualité est loin d'être négligeable :
| Capital emprunté | Prime mensuelle (0,34 %) | Part dans la mensualité totale |
|---|---|---|
| 150 000 € | 43 € | 7,0 % |
| 250 000 € | 71 € | 7,0 % |
| 350 000 € | 99 € | 7,0 % |
13. L'impact fiscal : le cas de l'investissement locatif
Pour un investissement locatif, la banque peut ajouter une partie des loyers futurs aux revenus, ce qui augmente mécaniquement la capacité d'emprunt. La règle standard est la suivante :
Revenus retenus = Revenus nets + 70 % × Loyers prévisionnels
L'abattement de 30 % couvre forfaitairement les charges locatives, la vacance, l'entretien et la fiscalité. Certaines banques appliquent un calcul différentiel plus favorable : elles retiennent 100 % des loyers mais soustraient intégralement la mensualité du prêt des charges, et n'ajoutent que le solde positif aux revenus. Ce calcul est particulièrement avantageux pour les opérations à cash-flow positif.
Julien, 38 ans — investissement locatif à Lyon
Revenus : 3 800 €/mois · Loyer prévisionnel : 850 €/mois · Prêt : 180 000 €Avec la méthode des 70 %, les revenus retenus sont de 3 800 + (850 × 0,70) = 4 395 €/mois, ce qui donne une mensualité max de 1 538 €. Avec la méthode différentielle, si le prêt génère une mensualité de 950 € (dont 600 € d'intérêts la première année), le cash-flow positif de 250 €/mois est ajouté aux revenus : 3 800 + 250 = 4 050 € retenus, pour une mensualité max de 1 418 €. Dans ce cas, la méthode des 70 % est plus favorable. Mais si les loyers étaient plus élevés (1 200 €), la méthode différentielle l'emporterait.
14. Dispositifs spécifiques pour primo-accédants
Les primo-accédants (personnes n'ayant pas été propriétaires de leur résidence principale dans les deux dernières années) bénéficient de plusieurs dispositifs qui augmentent leur capacité d'emprunt effective :
| Dispositif | Montant max 2026 | Conditions principales |
|---|---|---|
| Prêt à Taux Zéro (PTZ) | 40 000 à 120 000 € | Revenus ≤ plafonds (varie selon zone), première accession |
| Prêt Action Logement | 30 000 € | Salarié d'une entreprise du secteur privé (hors agricole) |
| Prêt Accession Sociale (PAS) | Variable | Revenus ≤ plafonds, résidence principale |
| TVA à 5,5 % (neuf) | — | Achat en zone ANRU ou QPV |
| Bail Réel Solidaire (BRS) | — | Revenus ≤ plafonds, prix décoté de 30 à 50 % |
Le PTZ est particulièrement puissant : il peut représenter jusqu'à 40 % du coût total de l'opération, est accordé sans intérêts, et vient en complément du prêt principal. Il est différé (pas de remboursement pendant 5, 10 ou 15 ans selon les revenus), ce qui allège considérablement la mensualité pendant les premières années.
15. Évolution de la capacité d'emprunt des Français (2020-2026)
La capacité d'emprunt des ménages français a connu une baisse historique entre 2021 et 2024, sous l'effet combiné de la hausse des taux et de l'inflation qui a réduit le revenu disponible réel. Voici l'évolution pour un couple médian d'accédants (revenus de 4 500 €/mois, 1 800 € de mensualité disponible) :
Échelle relative : base 100 = capacité 2021 (388 000 €). Mensualité constante de 1 800 €, durée 20 ans, assurance 0,34 %. Sources : Observatoire Crédit Logement/CSA, Banque de France.
16. Trois études de cas détaillées
Amélie, 28 ans — célibataire, primo-accédante à Nantes
CDI 2 500 € nets/mois · Apport 25 000 € · Pas de crédit en coursCalcul de sa capacité :
- Revenus retenus : 2 500 € (CDI hors période d'essai → 100 %)
- Mensualité max (35 %) : 875 €
- Charges existantes : 0 €
- Mensualité disponible : 875 €
- Capital empruntable sur 25 ans au taux de 4,20 % (assurance 0,34 %) : environ 145 000 €
- Reste à vivre : 2 500 − 875 = 1 625 € → supérieur au minimum de 1 000 € pour une personne seule ✓
Budget total : 145 000 € (prêt) + 25 000 € (apport) = 170 000 €, dont ~12 000 € de frais de notaire (7,5 % dans l'ancien). Prix du bien envisageable : environ 158 000 € net vendeur. Dans l'agglomération nantaise, cela correspond à un T2 de 35-40 m² dans un quartier périphérique, ou un T1 en centre-ville.
Optimisation possible : En bénéficiant du PTZ (zone B1, Nantes), elle pourrait obtenir jusqu'à 48 000 € de prêt complémentaire à taux zéro, portant son budget total à environ 200 000 € — suffisant pour un T2 en centre-ville ou un petit T3 en périphérie.
Marc et Sophie, 35 et 33 ans — couple avec 2 enfants à Bordeaux
2 CDI 5 800 € nets/mois · Apport 80 000 € · Crédit auto 250 €/moisCalcul de leur capacité :
- Revenus retenus : 5 800 € (deux CDI → 100 %)
- Mensualité max théorique (35 %) : 2 030 €
- Charges existantes : 250 € (crédit auto)
- Mensualité disponible : 2 030 − 250 = 1 780 €
- Capital empruntable sur 20 ans au taux de 4,20 % (assurance 0,34 %) : environ 286 000 €
- Reste à vivre : 5 800 − (1 780 + 250) = 3 770 € pour 4 personnes, soit 943 €/personne → légèrement en dessous du seuil recommandé de 1 000 €/personne ⚠️
Ajustement bancaire probable : La banque pourrait réduire la mensualité à 1 650 € pour dégager un reste à vivre de 975 €/personne, ramenant le capital empruntable à environ 265 000 €. Soit une perte de 21 000 € de capacité par rapport au calcul théorique.
Budget total : 265 000 € (prêt) + 80 000 € (apport) = 345 000 €, dont ~25 000 € de frais de notaire. Prix du bien : environ 320 000 €. Dans l'agglomération bordelaise, cela correspond à une maison de 90-100 m² en seconde couronne ou un T4 en proche périphérie.
Laurent, 45 ans — profession libérale, investisseur à Lille
Bénéfice moyen 6 200 €/mois · Apport 120 000 € · Pas de crédit en coursCalcul de sa capacité :
- Revenus bruts : 6 200 € × 12 = 74 400 €/an (moyenne des 3 derniers exercices)
- Décote profession libérale : 25 % → revenus retenus : 4 650 €/mois
- Mensualité max (35 %) : 1 628 €
- Capital empruntable sur 20 ans au taux de 4,20 % : environ 262 000 €
Stratégie d'investissement : Laurent vise un immeuble de rapport à 350 000 € générant 1 800 € de loyers mensuels. Avec la méthode des 70 %, ses revenus retenus passent à 4 650 + (1 800 × 0,70) = 5 910 €, soit une mensualité max de 2 069 € et un capital empruntable de environ 332 000 € — suffisant pour financer l'opération avec son apport. Le cash-flow locatif positif (+400 €/mois après charges et fiscalité) vient renforcer son dossier.
17. 9 erreurs qui plombent votre capacité d'emprunt
Au-delà du calcul théorique, ces erreurs — toutes observées en pratique par les courtiers et les banques — peuvent réduire votre capacité réelle de 10 à 30 %.
| # | Erreur | Impact estimé | Correction |
|---|---|---|---|
| 1 | Ne pas déclarer un crédit renouvelable (même à 0 € utilisé) | −10 à 20 % | Clôturer tous les crédits renouvelables inutilisés avant la demande |
| 2 | Changer d'emploi juste avant la demande | Refus possible | Attendre la fin de la période d'essai (ou obtenir une attestation de l'employeur) |
| 3 | Sous-estimer les frais de notaire | −5 à 8 % du budget | Prévoir 7,5 % dans l'ancien, 3 % dans le neuf |
| 4 | Négliger son reste à vivre | −15 à 25 % | Vérifier le reste à vivre par personne avant de fixer son budget |
| 5 | Multiplier les demandes de crédit en parallèle | Refus possible | Passer par un courtier qui centralise les demandes |
| 6 | Oublier de déclarer une pension alimentaire | −300 à 500 €/mois | La banque la découvrira via l'avis d'imposition |
| 7 | Surestimer ses primes variables | −5 à 10 % | Ne compter que le fixe ; les primes sont un bonus |
| 8 | Ignorer l'impact du taux d'assurance | −3 à 5 % | Comparer les délégations d'assurance et les intégrer au calcul |
| 9 | Ne pas provisionner les travaux | Variable | Chiffrer les travaux avant l'achat ; si > 25 % du prix, nécessite un prêt travaux séparé |
18. Checklist avant de déposer votre demande de prêt
Les 12 points à valider avant de contacter une banque
- J'ai calculé ma capacité d'emprunt avec la règle des 35 % (revenus nets × 0,35 − charges)
- J'ai vérifié que mon reste à vivre dépasse les seuils minimum par personne
- J'ai listé tous mes crédits en cours et vérifié leur impact sur mon endettement
- J'ai clôturé les crédits renouvelables inutilisés
- Je connais le montant exact de mon apport net (épargne − frais de notaire − frais de garantie)
- J'ai obtenu mes 3 derniers avis d'imposition et bulletins de salaire
- J'ai vérifié que ma période d'essai est révolue (CDI) ou que j'ai 3 bilans (indépendant)
- J'ai comparé au moins 2 simulations d'assurance emprunteur (contrat groupe + délégation)
- J'ai vérifié mon éligibilité au PTZ et aux prêts aidés
- Je n'ai pas consulté plus de 2 banques en direct (risque de fichage multiple)
- J'ai provisionné les travaux éventuels dans mon budget global
- J'ai préparé un budget prévisionnel post-acquisition (charges de copropriété, taxe foncière, etc.)
🏦 Prêt à passer à l'action ?
Finanx Horizon fait partie du même groupe que Finanx Horizon Crédit (finanxhorizon.com), organisme de crédit. Vous pouvez y déposer une demande de financement si vous le souhaitez.
19. Quiz : testez votre compréhension
8 questions pour vérifier ce que vous avez retenu
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20. Questions fréquentes
Ma banque peut-elle dépasser les 35 % d'endettement ?
Oui, dans le cadre de la marge de flexibilité de 20 % prévue par le HCSF. Cette dérogation est prioritairement destinée aux primo-accédants (30 % des dossiers dérogatoires) et à l'achat de la résidence principale (70 %). En pratique, le dépassement va rarement au-delà de 37-38 %, et s'accompagne d'un examen renforcé du reste à vivre et de la stabilité des revenus.
Les allocations familiales sont-elles prises en compte dans les revenus ?
Oui, mais avec une décote liée à l'âge des enfants. Si votre enfant a 17 ans, la banque sait que les allocations cesseront dans un an et les exclura du calcul. Pour des enfants en bas âge, les allocations sont généralement retenues à 80-100 %.
Puis-je emprunter avec un CDI en période d'essai ?
C'est possible mais plus difficile. La plupart des banques exigent la fin de la période d'essai, sauf si vous pouvez justifier d'une ancienneté significative dans le même secteur d'activité (généralement 2 ans minimum). Une attestation de l'employeur confirmant son intention de vous garder peut également aider.
Comment les banques traitent-elles les revenus des auto-entrepreneurs ?
Les revenus d'auto-entrepreneur sont généralement pris en compte à hauteur de 70 à 80 % de la moyenne des 3 derniers bilans (ou déclarations de chiffre d'affaires), après application d'un abattement forfaitaire représentatif des charges. La banque vérifie également la régularité des revenus : un chiffre d'affaires très fluctuant entraînera une décote plus importante.
Un prêt familial doit-il être déclaré comme charge ?
Oui, si le prêt familial est formalisé par une reconnaissance de dette écrite et que des remboursements réguliers sont prévus. En revanche, une donation déguisée ou un prêt sans échéancier formel ne sera pas retenu comme charge — mais la banque pourra vous demander une attestation du prêteur confirmant le caractère non remboursable de la somme.
La capacité d'emprunt est-elle la même dans toutes les banques ?
Non. Si le cadre HCSF est commun à toutes les banques, chaque établissement applique ses propres règles d'interprétation des revenus, de calcul du reste à vivre minimum et d'octroi des dérogations. Un même profil peut ainsi obtenir des montants différents selon les banques, d'où l'intérêt de passer par un courtier ou de consulter au moins 3 établissements.
Quel est le reste à vivre minimum pour un couple avec un enfant en 2026 ?
Les seuils indicatifs sont de 1 600 à 1 900 € par mois pour un couple avec un enfant, soit environ 530 à 630 € par personne. Ces seuils varient selon les banques et la localisation géographique (le coût de la vie en Île-de-France conduit certaines banques à appliquer des seuils majorés de 15 à 20 %).
Les primes d'intéressement et de participation sont-elles prises en compte ?
Elles sont généralement exclues du calcul de la capacité d'emprunt, car considérées comme des revenus non récurrents. Certaines banques peuvent les prendre en compte partiellement (30 à 50 %) si vous pouvez justifier de montants stables sur 3 années consécutives, mais cela reste rare.
Rédaction Finanx Horizon
Contenu vérifié et sourcé. Cet article a une vocation strictement pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé en investissement. Dernière vérification des chiffres : 21 juillet 2026.
Sources citées dans cet article
- HCSF, décision D-HCSF-2026-02 du 17 juin 2026, relative aux conditions d'octroi de crédits immobiliers
- Observatoire Crédit Logement/CSA, rapport annuel sur le financement des particuliers, juin 2026
- INSEE, Enquête Patrimoine 2025-2026, revenus des ménages accédant à la propriété
- HCSF, décision D-HCSF-2021-10 du 29 septembre 2021, rendant juridiquement contraignantes les recommandations de crédit
- Fédération Bancaire Française (FBF), guide des bonnes pratiques du crédit immobilier, édition 2026
- ACPR, rapport annuel sur le financement de l'habitat en France, exercice 2025
- Société de Gestion des Financements de l'Habitat (SGFH), bilan semestriel du PTZ, T2 2026
- Banque de France, taux d'usure 2026‑Q3, publié le 29 juin 2026, applicable au 1ᵉʳ juillet 2026
- Action Logement, barèmes des prêts accession 2026
- ANIL, dispositifs d'accession à la propriété pour les ménages modestes, 2026